Et si vous preniez le risque du Bien-être au travail ?

C’est les vacances, pour les plus chanceux, et pour les autres ce sera à un autre moment, mais l’activité n’est tout de même plus la même et c’est l’occasion de regarder différemment notre management du travail et du Bien-être au travail.

Profitons-en pour faire la paix, avec nous-même, avec notre vie trépidante (ou pas), avec son travail et ses collègues… Avoir la paix enfin ! Vous verrez partout des offres de relaxation, méditation, réflexion… Dans notre marché de l’offre et de la demande, on ne peut ignorer ce besoin de plus en plus conscient… de s’écarter de la violence. C’est un sujet d’entreprise et de management : le management du Bien-être au travail est le miroir de la lutte contre toutes les violences affichées jour après jour par les associations et pouvoirs publics.

En suivant ce matin un « débat » sur les réseaux sociaux sur la question « la violence est masculine » Vs. « les hommes aussi meurent sous les coups de leurs compagnes » (1 tous les 13 jours)*, j’ai eu l’impression que l’on se trompait de débat, que l’on parlait du symptôme plutôt que de la cause. Est-ce une question de violence faite aux femmes, aux hommes ? aux enfants ? L’aborder ainsi c’est envoyer à l’affrontement hommes contre femmes, parents contre éducateurs,… Encore un process apaisant !

Je ne vous referai pas le débat Rousseau Vs. Voltaire, « L’homme naît bon et la société le corrompt » (« et le droit de propriété » est la citation complète !!) Vs. l’homme est foncièrement mauvais, d’abord un animal sauvage qui survit coûte que coûte et doit être tempéré par la contrainte… Mais si nous parlions plutôt de la violence faite à l’humanité ? Regarder les choses ainsi permet de se poser différemment la question. Si l’humanité s’auto-inflige de la violence, au sens collectif, c’est un choix de fonctionnement, issu d’un temps ou la force était nécessaire pour survivre… 

Ainsi, aujourd’hui un autre fonctionnement est possible, question de choix ! Donc il est possible d’apprendre à être socialement quelqu’un sans violence… Passer du A Vs. B au A + B =…

La diversité des points de vue

C’est le débat de la diversité, de la diversité culturelle, de leurs complémentarités, et de ce qui fait leur humanité, leur sens commun, le rapport à l’autre, le besoin d’exister dans le collectif… 

Chacun de nous, quelle que soit sa culture, a ce besoin vissé au plus profond de lui-même, exister aux yeux des autres… L’ermite heureux, sage, est un mythe. Ils (les personnes mythologiques et les vrais ermites philosophes, peu nombreux) ont produit de belles pensées, qui ont « décalé » la pensée commune de leur époque, ce que nous appelons aujourd’hui les « crapauds fous » (cf. LR N° 183) mais aucun ne fût « apaisé », ou considéré comme mentalement « normal ». Concept délicat que la normalité puisqu’il s’agit d’une norme collective, sociale, donc changeante en fonction des époques, comme celle du bien-être. La notion de ce qui est normal aujourd’hui au travail a changé, notamment avec les jeunes générations, et la notion de bien-être au travail aussi est en perpétuel changement.

Le débat de la violence au travail, interne (entre collègues), ou externe (venant du public), c’est le débat de notre vision des rapports humains, de notre perception du bien-être au travail. 

Ce débat s’entend quotidiennement au travail à travers les « untel ne devrait pas », les « untel doit » pour les fonctions normales d’une entreprise, notamment s’agissant de la régulation managériale ; à travers les « qui a le droit » comme la question de la répartition du pouvoir et notamment celui de contraindre… On l’entend à l’accueil, dans les réunions de service, dans le dialogue social… On l’entend partout. Son signe avant coureur est le grand et beau mot « valise » universellement partagé : LE RESPECT. Chacun de nous demande le respect. Connaissez-vous quelqu’un qui demande le contraire ?

Respect !

Chacun de nous pense être respectueux, ou au moins pense faire de son mieux… pour être respecté et être respectueux avec son entourage, pour rester respectable… Et pourtant chacun de nous a une foultitude d’exemples en tête où ce ne fût pas le cas… Encore une fois, évitons le piège du « il l’a fait exprès pour m’ennuyer… ».

Dans 80 % des conflits la cause est une simple incompréhension : « Je pensais que tu voulais dire ça… j’ai cru que tu me demandais ça… ». Donc nous pouvons nous éviter A Vs. B et en faire 80 % de A + B simplement en vérifiant ce que chacune des personnes en présence met dans la « valise » de son mot. Ouvrons nos valises pour éviter les déceptions !

Ce simple fait, définir ensemble, façon objectif SMART, le respect attendu au travail, la notion de bien-être au travail, la notion de « faire du bon travail » aussi, évitera de nombreux déclenchements de conflits, de perception de violence dans la gestion de l’activité humaine. Je ne parle pas de grandes déclarations d’intention ou de débats à n’en plus finir, je parle de concret, de terrain, de tous les jours…

Pour le travail à faire cette semaine : pour bien faire ce travail, voilà le respect que j’attends (ce qui m’évitera la déception certaine d’attendre ce que je n’ai pas explicitement demandé !) : délai d’information, forme des communications, déontologie de mon métier… Il s’agit simplement que chacun ait l’occasion d’exprimer ce qui donnera du sens pour lui au travail et avertir de ce qui lui est insupportable au travail.

Pour favoriser la coopération : organiser des sessions d’entraînement d’équipe où chacun apprendra à dire ses émotions et oser affronter ses peurs en équipe, peur de dire une bêtise, de contrarier untel, de passer pour… En français dans le texte, c’est du Teambuilding ! Dont le meilleur vecteur est le jeu, pour sortir de nos idées préconçues sur les collègues et découvrir qu’un autre mode de fonctionnement est possible, puis apprendre les techniques qui permettent au manager de générer de la coopération (cf. LR n° 177).

Pour innover : 10 propositions différentes autour d’une table valent mieux qu’une seule proposition critiquée par mes 9 collègues ! Encore faut-il maîtriser les compétences d’animation pour le permettre et décider par avance de ne pas avoir raison, même si je suis le plus ancien, le plus compétent ou le plus gradé ! Enfin, pour améliorer le Bien-être au travail, simplement en réduisant les sources de conflits inévitables ! 

Organisez la « dispute professionnelle », le débat autour du travail, sur la manière concrète de le faire, pour éviter les conflits interpersonnels et la montée en violence des relations humaines qui mettent à mal notre bien-être ! Chacun le peut, à son niveau… est-ce vraiment risqué d’essayer ?

* Lucile Quillet, Le Figaro du 08.04.2015. http://madame.lefigaro.fr/societe/hommes-battus-la-justice-est-bien-plus-clemente-avec-les-femmes-auteures-de-violences-080415 (pour la version mobile)

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